Il en a fait le cœur de son combat. Avec la sobriété heureuse, l’agriculteur philosophe Pierre Rabhi vente les mérites de l’autonomie alimentaire, énergétique et sociétale. Une réflexion qui invite les citoyens à méditer sur la dépendance et la liberté des peuples face à leur système économique et politique.
Vous prônez la philosophie de la sobriété heureuse. En quoi l’autonomie en est-elle une clé ?
L’autonomie est à la racine même des choses. C’est l’organisation même de la planète en matière de vie, selon le principe “rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”. C’est donc la philosophie de l’absence de rebut, car l’autonomie n’est pas compatible avec le gaspillage, la dépense et la consommation sans limite. Le problème aujourd’hui est que la société moderne est par définition la société du rebut. À l’exception de l’imagination humaine et de la créativité, nous sommes entrés dans la civilisation de l’hyper-gaspillage. Jamais une civilisation n’a été aussi dissipatrice de biens.