Pour ceux qui n’ont pas vu l’article du 3 septembre 2016, dans l’Est Républicain…
Un très bel article de Guillaume MAZEAUD met à l’honneur Jacques Croissant, notre « jardinier de rue ».
« Nourriture à partager, servez-vous, c’est gratuit ! » Tel est l’étrange message délivré sur une planchette de bois dominant un alignement de jardinières, au 11, rue Sornini. Chez Jacques Croissant, un ancien de L’Est Républicain, qui est tombé dans le jardinage tout petit… « Je suis content avec la terre. Et-je regrette qu’en ville, on se sente si souvent déraciné ».
En deux mots, tout est dit. Jacques est un écologiste actif, disciple des enseignements de Pierre Rahbi. Il a eu vent d’une expérience menée en Alsace de jardinage partagé et vient de s’y lancer dans le cadre du Collectif Colibri, disciple de l’agronome, et présent dans une soixantaine de villes, dont Nancy. « Le concept initial vient d’Angleterre et s’appelle Incredible Edible, francisé désormais en Incroyables Comestibles. Les gens des villes doivent faire face à la dégradation de leur environnement. Il faut donc le réhabiliter ». Grâce à l’écologie urbaine partagée. En l’occurrence, Jacques, au lieu de s’occuper seulement de son jardin potager à l’arrière de sa maison a installé au début de l’été plusieurs jardinières sur le muret où n’était plantée jusque-là que la grille en fer forgé an déco de sa maison 1930, côté rue.
La grille elle-même a commencé à se recouvrir de plants de tomates grimpants. Et dans les balconnières, il a semé, planté de la sauge, de la coriandre, de la menthe, de la bergamote, de la ciboulette, mélisse, oseille et même de la fraise des bois… D’ailleurs, un autre panonceau conseille au passant de s’emparer des « stolons » pour repiquer les fraises des bois, qui sont en train de devenir, comme le remarque un troisième panonceau, des « fraises des rues ».
Les balconnières Jacques n’est pas le seul à faire pousser des plantes dans ses balconnières, afin que le passant se serve directement en passant (en en laissant pour le suivant, bien sûr). «A Laxou, rue Sainte-Anne, on trouve aussi des Incroyables comestibles, et place Paul-Painlevée».
Détail amusant, le jardinier philanthrope laisse même une bouteille d’eau à disposition pour que les amateurs en profitent pour arroser la balconnière, « sauf s’il y a encore de l’eau dans le fond » Le but n’est pas seulement de faire plaisir, mais que l’idée fasse tache verte dans le quartier (gardons l’huile pour la salade), et qu’en même temps soit créé du lien social. Jacques a d’ailleurs d’autres projets en vue. « Avec des voisins, nous réfléchissons, avec l’aide des Parcs et jardins de la ville à transformer une pelouse inutile de 200 m2 du parc Varcolier, dans le quartier Bonsecours-René H, en jardin partagé. » Toujours pour la même chose, retrouver le lien charnel oublié avec la terre…
Guillaume MAZEAUD