Présentation de la PNL Humaniste

Par Éva et Régis / juin 2016 

  1. Un bref rappel de l’Humanisme historique de la Renaissance

La culture littéraire de la Renaissance a beaucoup reposé sur l’allusion aux textes classiques comme à l’Écriture sainte. Il s’agissait de former l’Homme par la fréquentation des textes anciens, des Belles Lettres, par la confrontation aux humanités, ce qui a été grandement facilité par la découverte et le développement de l’imprimerie.

  1. Sources essentiellement italiennes (14ème et 15 siècles) : Pétrarque…
  2. Fin 15ème et surtout début du 16ème siècle : propagation de l’Humanisme dans toute l’Europe sous l’impulsion notoire d’Érasme – en France celle, par exemple, de Rabelais. Il est important que les princes, dont les décisions ont tant d’impact dans la vie de leurs sujets, soient en mesure d’agir selon les principes chrétiens.
  3. Rabelais dans Pantagruel (1642) voit comme condition à l’apprentissage des humanités la nécessité d’y adjoindre une éthique religieuse « parce que selon les dires du Sage Salomon, Sapience n’entre point en âme malveillante, et science sans conscience n’est que ruine de l’âme, il te convient servir, aimer et craindre Dieu, et en lui remettre toutes tes pensées et tout ton espoir ; et par une foi charitable, lui être fidèle, en sorte que jamais tu ne t’en écartes par péché ». On retient ici les principes de bienveillance et de responsabilité. Les enjeux ne sont évidemment pas seulement individuels, mais ils concernent bien toute la société, la renaissance de la civilisation, ainsi que l’illustre merveilleusement l’utopie humaniste présentée en 1635 dans Gargantua par Rabelais lorsqu’il y décrit l’Abbaye de Thélème.
  4. Montaigne dans ses Essais en 1580 et 1588 achève de souligner l’importance vitale pour l’être humain et pour la société de faire confiance à chaque homme en le plaçant au centre de ses apprentissages : on est désormais loin de la simple connaissance des textes anciens !
  5. Par extension, « humanisme » s’emploie aussi parfois pour désigner les courants de pensée qui mettent l’homme au centre de leurs préoccupations. On y retrouvera ainsi des auteurs de l’Antiquité, ceux des Lumières et des mouvements contemporains.
  1. L’Humanisme en psychologie

    1. Jusqu’en 1940, les courants psychanalytiques et béhavioristes dominaient la psychologie
    2. À partir des années 1940, des psychologues veulent élargir le panel des possibilités thérapeutiques et le sens même de la psychologie. Pour eux, l’être humain n’est pas qu’un instrument de ses pulsions ou un sujet déterminé par les pressions de l’environnement, et ils le restituent dans toutes ses dimensions humaines. Jacques Lecomte l’évoque ainsi dans Les 30 notions de la psychologie (p.16) : « un individu désireux de s’accomplir dans l’épanouissement personnel et la relation avec autrui » – le psychologue humaniste cherchera pour cela non plus à stigmatiser les aspects pathologiques de son client, mais bien à s’appuyer sur les « saines possibilités » de chaque être humain, en choisissant délibérement de s’intéresser « aspects positifs de l’existence ».
    3. Les représentants les plus connus de ce courant sont certainement Abraham Maslow, très connu pour sa hiérarchie des besoins, et Carl Rogers, pour son approche centrée sur la personne (ACP qui repose sur l’authenticité, la considération et la compréhension empathique). Pour Rogers, cité par Lecomte, « la nature fondamentale de l’être humain, quand il fonctionne librement, est constructive et digne de confiance ». Maslow, pour la prise en compte des besoins humains, et Rogers, pour l’importance accordée à l’écoute et la relation, marqueront profondément ce courant thérapeutique.
    4. Selon Serge et Anne Ginger dans leur Guide pratique du psychothérapeute humaniste (p. IX), les caractéristiques principales des psychothérapies « humanistes » ou « existentielles » sont les suivantes :
  • « l’homme est considéré dans l’interaction de toutes ses dimensions : physique, émotionnelle, cognitive, sociale et spirituelle
  • [le] travail [est] non seulement intra-psychique, mais inter-psychique, prenant en compte l’individu, mais aussi ses relations avec son environnement, dans le champ global ;
  • l’expression du client n’est pas pas exclusivement verbale : il peut se mouvoir ;
  • le présent et le futur importent autant que le passé ;
  • la part de liberté, et donc de responsabilité personnelle, est essentielle. » .
    1. On le voit : la filiation avec l’humanisme de la Renaissance est présente à travers la confiance, l’estime et l’attention accordée à chaque être humain, la reconnaissance de ses besoins, celle de la légitimité de ses aspirations à l’épanouissement et à la relation à autrui, celle encore de sa liberté à bien vouloir s’inscrire dans une démarche pour se donner les moyens de grandir et de se réaliser.
  1. Le développement de la PNL

    1. À partir des années 1950, le développement de la cybernétique favorise un regard systémique sur les mécanismes d’influence à l’œuvre dans la communication et dans les comportements. L’École dite de Palo Alto (en Californie) est créée sous l’influence de l’anthropologue américain Gregory Bateson. Dans le domaine de la psychologie clinique, elle encouragera le développement des thérapies brèves.
    2. Dans les années 1970, en Californie, Richard Bandler, étudiant en psychologie, et John Grinder, psychologue et linguiste, s’associent pour créer « une pratique et un modèle psychothérapeutique qui trouve son origine dans la formalisation de pratiques communicationnelles et cliniques de certains thérapeutes d’exception » (Monique Esser). Ils modélisent l’excellence dans la communication et bientôt dans la thérapie pour la reproduire. Ils appellent ce modèle PNL :

P (Programmation = apprentissages, le cerveau crée et applique des « programmes » de comportements) ;
N (Neuro- = traitement de l’information c’est à dire la prise en charge par le système nerveux des perceptions, des représentations) ;
L (Linguistique = leur manifestation dans le langage verbal et non-verbal).

  1. Dans les ouvrages La PNL, Communiquer autrement et Le Grand Livre de la PNL, Catherine Cudicio donne les précisions suivantes : « À l’inverse de nombreuses méthodes qui explorent les causes invisibles d’un problème pour y puiser des explications, la PNL trouve des ressources utiles dans les manifestations visibles et l’expérience des gens. La PNL a pour ambition d’aider les individus à trouver en eux-mêmes les moyens d’atteindre leurs objectifs.» Selon elle, c’est une « démarche pragmatique » qui « vise à développer l’efficacité personnelle ». Elle la présente comme une « psychologie appliquée » et la définit ainsi : « La PNL consiste en l’étude des réalités psychologiques individuelles et l’élaboration de moyens d’observation, de codification et d’action. Autrement dit, on observe les comportements, on relève des régularités, on tente ensuite de classer les observations et d’élaborer des stratégies adaptées aux difficultés qu’on rencontre ».
  2. Champ d’application de la PNL => Catherine Cudicio précise : « L’application des outils PNL ainsi constitués vient s’inscrire dans des pratiques variées : développement personnel, coaching, enseignement, management, etc. En fait, toute situation relationnelle peut bénéficier des apports de la PNL. Il faut se garder de confondre la PNL et ses applications, la PNL n’est pas une thérapie mais une voie de recherche dont les outils s’appliquent très utilement à la relation d’aide, la psychothérapie, le conseil, le coaching, la pédagogie, les relations professionnelles et le développement personnel. »
  3. Les excès dans le recours à la PNL : la PNL offre des outils efficaces qui s’écartent parfois de l’éthique de ses inventeurs, comme on le voit parfois dans l’application de la PNL aux techniques de communication commerciale. C’est pourquoi il est essentiel de rappeler la philosophie humaniste de la PNL.
  4. La PNL Humaniste d’Hélène Roubeix :

Dans son école de la PNL humaniste, Hélène Roubeix rappelle la dimension humaniste indissociable de la PNL. Tout comme dans l’humanisme de la Renaissance, on reconnaît en effet à chaque individu la liberté de choisir d’agir dans le souci bienveillant de soi et d’autrui et la responsabilité en conscience, en lui apprenant à trouver les moyens de le faire de manière écologique.

Notre formateur, Philippe Villermaux (Independance Way PNL à Bar-le-Duc), lui-même formé à l’Ecole d’Hélène Roubeix, s’inscrit dans cette filiation.

C’est parce que la PNL humaniste est à l’écoute de nos besoins les plus profonds et qu’elle s’appuie sur nos seules ressources qu’elle garantit :

  • son cadre éthique et écologique
  • sa dimension universelle
  • son efficacité
  • la pérennité de ses interventions.

Elle se fonde pour cela sur les présupposés de la PNL (cf. point suivant).

Par exemple, soigner une addiction sans toucher préalablement l’intention positive qui a conduit à cette addiction ne respecte pas l’intégrité de l’individu. En touchant cette intention positive, et en permettant ensuite de développer d’autres stratégies plus écologiques pour répondre à cette intention, la PNL, humaniste, rend inutile l’addiction en question et produit l’essentiel du travail pour parvenir à sortir aisément de celle-ci, par ses seules ressources, et sans avoir à basculer dans une autre. C’est une vraie libération et une invitation à évoluer dans le respect de soi et par soi-même !

  1. Les présupposés de la PNL

Ce sont des croyances très efficaces du seul fait d’y croire, proposées par Bandler et Grinder. Les présupposés agissent sur notre façon de communiquer et aussi d’exister. Les voici tels que nous les avons appris à l’institut de formation Independance Way PNL (reproduction autorisée par Philippe Villermaux, avec nos remerciements) :

1) La carte n’est pas le territoire

Notre représentation de la réalité n’est pas la réalité ». Entrer en communication avec la carte du monde de l’autre ne veut pas dire cautionner la carte du monde de l’autre ; mais plus la carte de l’autre est différente, plus cela demande d’acceptation et de respect.

Cette notion, due à Korzybski, correspond au fait que nous percevons le monde (le territoire) à travers nos sens (vue, toucher, ouïe, odorat, goût). Nous nous en faisons une représentation interne (la carte), mais cette représentation n’est pas exactement la réalité. En fait, il existe autant de cartes que d’êtres humains. Chacun d’entre nous voit donc les choses différemment.              
  

2) Toute personne a en elle les ressources pour parvenir à son objectif

À condition qu’il soit réaliste et dépende d’elle. Ce présupposé installe la confiance, la sécurité.

3) Tout comportement est généré par une attention positive de l’inconscient

L’inconscient est toujours positif. Qu’est ce que je me donne de tellement important pour moi quand j’ai ce comportement que je n’aime pas ou que je juge négativement ?

4) Nos limites sont les représentations de nos limites

Nous ne sommes pas aussi limités que nous pensons l’être. La façon dont nous nous représentons nos limites est limitante. C’est là où nous croyons avoir nos plus grandes limites (limitations) que nous avons nos plus grandes ressources.

5) A un moment donné de sa vie, toute personne fait le meilleur choix possible compte tenu du contexte et des ressources dont elle dispose à ce moment-là

Accueillir toutes les parts de soi, mêmes celles que l’on n’aime pas. En PNL, on ne retire jamais un choix, on en ajoute.

6) Le corps et l’esprit sont un seul et même système et ils sont indissociables

Quand on agit sur le comportement et la physiologie, on va changer la manière de penser et de sentir, et inversement.

7) Nos erreurs sont des sources d’informations qui nous invitent à agir autrement

Se donner la permission de faire des erreurs et d’accepter les erreurs de l’autre.

Qu’est-ce que j’ai à apprendre de ce qu’il s’est passé ?

8) Le sens de notre communication est donné par la réponse que nous recevons, quels que soient nos intentions ou nos sentiments :

La résistance du récepteur est un commentaire sur le manque de flexibilité de l’émetteur, sur sa difficulté à établir et à maintenir une bonne communication (l’autre peut avoir aussi sa part de responsabilité). Nous sommes responsables de notre communication.

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