Honorer la vie

par Bernard

C’est ce qui « fait sens » dans notre existence, qui nous donne le sentiment d’honorer la vie.

La quête de sens, est ce besoin supérieur qui apparaît lorsque l’homme prend conscience que la raison d’être de son existence et de ce qu’il vit, dépasse le cadre de la satisfaction de ses propres besoins.

Cette recherche de vérité est très vaste et n’a pas de fin, mais elle s’appuie sur des fondamentaux implicites et souvent ignorés, qui constituent pourtant l’essence même de la nature humaine.
L’objet de cette réflexion est donc de pointer ces vérités qui conditionnent notre santé et notre bien-être et nous verrons que c’est seulement à partir de là que nous donnons à notre quête de sens, la bonne direction.

Honorer la vie, quésaco ?

Cette expression peut laisser dubitatifs ceux qui font le rapprochement avec le commandement « Tu honoreras ton père et ta mère », en raison de la connotation religieuse ou de l’injonction qui y est contenue.

Pour ma part, je préfère « honorer la vie » comme on « fait honneur » à la bonne cuisine, ou à tout ce qui est bon dans la vie, et qu’il serait dommage de laisser passer, sans en prendre au moins conscience.

Mais la raison de cette expression qui me séduit le plus, c’est son élégance à laisser à chacun le soin de définir, pour lui-même, ce qui ferait que le temps de sa vie soit utilisé de la meilleure façon.
Cette préoccupation répond à l’une des aspirations fondamentales de l’homme qu’est la liberté.

Et la vie, c’est quoi ?

Pierre Déprosges dirait que c’est « une maladie sexuellement transmissible qui s’avère toujours mortelle ». Ceci indique que la vie occupe l’espace de temps qui sépare la naissance de la mort. Mais il n’est pas faux de dire que lorsqu’on n’est pas vivant, c’est que l’on est mort.
En disant cela, la liberté de penser est certes préservée… Mais n’y a-t-il pas quelques particularités incontournables qui constitueraient un socle de vérités universelles, reconnaissables par tous, quelles que soient leurs croyances et convictions ?

L’homme fait partie de la nature.

  • L’homme fait partie de l’humanité, et constitue avec toutes les autres espèces de la nature, le monde du vivant.
  • Comme toutes les espèces, sa préoccupation première est la préservation de l’espèce, assurée par la sexualité permettant sa reproduction et l’adaptation à l’environnement de sa vie. L’homme a besoin d’un Autre de sexe différent pour se reproduire.
  • La fonction de reproduction chez l’homme est semblable à celle des autres espèces, mettant en œuvre un système naturel de sélection et d’attachement, en vue de donner le plus de chances à la progéniture de croître et de prospérer (Dans un monde plus humain).

L’amour est l’essence de la vie.

  • L’Amour est le nom que l’homme a donné à ce « système de sélection et d’attachement » dont il reconnaît la magie, au point de le considérer parfois comme « transcendant ».
  • Même avant la nourriture, l’amour est le constituant essentiel de la vie. Sans amour, il n’y a pas de vie.
  • L’homme est un être social qui a besoin de communiquer par des signes qui transmettent mutuellement des informations et des affects positifs ou négatifs. Les affects sont les degrés divers d’attachement qui vont de l’amour à la haine.
  • L’amour donne « envie », confiance en soi et apporte une forte énergie vitale,
  • Sans communication, c’est à dire sans échanges affectifs, l’homme dépérit par manque d’énergie vitale et finit par mourir.

L’homme est un être pensant.

Il n’existe que lorsqu’il y a au moins un Autre qui témoigne de son existence par la communication.

  • Il se sent respecté lorsque la communication atteste qu’il existe et qu’il a sa place dans la communauté des hommes.
  • Exister, c’est être qui l’on est, et reconnu comme tel,  porteur des caractéristiques propres à l’espèce humaine, mais aussi en raison des particularités qui le rendent unique.
  • Doué de pensée et de réflexion, il est confronté au besoin de connaître sa raison d’être et le sens de sa vie. C’est un cheminement personnel et une voie vers son accomplissement.
  • Il ressent de façon naturelle une impression paisible, lorsqu’il a le sentiment de s’être conduit en humain et qu’il a mis en œuvre ses dons particuliers.
    Autrement dit, il est pleinement épanoui et heureux, lorsqu’il a le sentiment d’être lui-même, libéré du besoin de paraître, et qu’il a réalisé au mieux ce pour quoi il se sentait fait.
  • L’Être pensant ne cesse de chercher, comment honorer la vie, en pratiquant l’amour de soi-même et des autres, nécessaire à la vie, et en persévérant dans sa recherche pour « vivre sa vie » et être utile et accomplir sa part.
    L’Être éveillé, est celui qui a pris conscience des « éléments » spécifiques et valeurs profondes de sa nature humaine et qui mène sa vie dans ce sens là.

Conclusion

Voilà quelques observations simples et évidentes qui pourraient éclairer la vie d’un colibri ou d’un écolo-humaniste…

En une phrase, on pourrait dire que l’amour nécessaire à la vie, permet à l’homme d’être en bonne santé et libre, (devenir ce qu’il est), et de s’accomplir et être heureux dans la réalisation de ce pour quoi il est fait (l’humanisation de l’humanité).

On voit assez bien que dans ce contexte, c’est la gratification (l’envie) qui vient d’une pratique humaniste qui motive la personne à persévérer dans cette voie.

L’exemple qui vient à l’esprit spontanément, pour en illustrer une application, est celui d’une équipe qui gagne. Non parce qu’elle a vaincue une équipe adverse, mais parce qu’elle a réussi à atteindre les objectifs bienfaisants qui ont présidés à la création du groupe. On voit aisément que tous les membres du groupe ont pu s’exprimer dans leurs talents et dans leur humanité, c’est à dire, dans le respect et l’entraide mutuelle, sans compétition, mais en réelle coopération.

Voilà un exemple où fleurissent les « valeurs » humanistes citées plus haut.
Alors, comment transposer le fonctionnement de l’équipe, à l’échelle de notre environnement, de notre pays, de la communauté des hommes ?
Serait-il insensé, pour orienter notre vie, de choisir quelques mots clés pour construire un projet de vie et d’en faire notre ligne de conduite à l’instar de ceux choisis par le Pays des droits de l’homme : Liberté, égalité, fraternité ?

En contre exemple, on peut citer l’introduction de la 5G et de la reconnaissance faciale, qui constituent une véritable atteinte à l’intimité (respect de la personne) et à sa liberté individuelle (sa dignité inconditionnelle), ayant pour conséquence sa déresponsabilisation.
En effet, plus l’homme est contrôlé, moins il est sollicité sur ses propres tendances à vouloir agir humainement. Il ne ressent plus le respect qui lui est dû, se déshumanise et justifie par là toutes ses stratégies de contournement.

Plus l’homme est obligé de faire…, moins il a envie (moins il est en vie). Il en résulte une augmentation des niveaux de peur et de violence.

Ce sont les « conversions » de tous les « il faut bien faire… » en autant de « j’ai envie de bien faire… » qui contribuent à l’humanisation de l’humanité.
Utopie ? Sûrement, à en juger les situations réelles que nous observons journellement.

Mais l’utopie n’est qu’une réalité en devenir... celle qui nous permettrait à tous d’honorer la vie et de connaître le bonheur.

Quelques citations :

  • Un homme devient un homme, quand on le regarde avec le respect dû à l’homme.
    Il devient adulte, lorsqu’il s’est libéré du besoin de paraître, et qu’il se sent responsable de ce qu’il fait, de ce qu’il ne fait pas, mais aussi de ce qu’il laisse faire.
    Face ; En cheminant vers Soi (1991)
  • Il n’est de vrai bonheur que celui qu’on donne.
    JJ. Rousseau
  • “Une vie inutile est une mort anticipée. ”
    Wolfgang von Goethe
  • La loi d’amour est la seule loi de vie ; la loi qui fait que chacun devient fort autant que tous ensemble.
    Alphonse de Châteaubriant
  • Il faut profiter de la vie, je me tue à le dire !
    Gaëtan Faucer

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